sortie Cosmiques
Le 01/07/2026 par Louis Alet
Mercredi 1er Juillet
Les aiguilles de Chamonix percent un ciel compact et anthracite, c'est sous la pluie que l'on se retrouve; Jean-François, Remy et moi pour entamer ces 4 jours d'alpinisme aux Cosmiques.
Lorsque la pluie cesse, nous empruntons le téléphérique de l'aiguille du Midi qui nous élève de plus de 2800 mètres d'altitude en quelques minutes.
Alors que l’oxygène se fait plus rare, nous entrons dans les nuages et le paysage est avalé par un horizon blanc et opaque.
On s’équipe dans le tunnel et on enjambe la mythique barrière qui délimite le domaine de la haute montagne.
Prudemment, on goûte la neige de nos crampons pour évaluer la stabilité de cette fine arête sur laquelle on s'engage pour descendre sur le glacier. La visibilité est faible et occulte les 1200 mètres de vide qui nous bordent.
Apres 45 minutes nous atteignons le legendaire refuge des cosmiques, pile à temps pour la sieste.
Jeudi 2 Juillet
Les conditions sont complexes à cause des températures élevées de ces dernières semaines et nos options sont plus limitées que prévu. C'est ainsi que nous projetons de faire une rando glaciaire jusqu’à la combe maudite puis de rentrer au refuge par l'arête à Laurence afin de se frotter un peu au légendaire granit chamoniard.
Depart 5h. Alors que nous nous progressons sur le glacier, les vénérables de la vallée nous dominent et plantent un décor inouï. Quel magie de rencontrer en personnes ces ouvrages géologiques : La dent du géant, le grand capucin, la pointe Lachenal et bien sur les trois monts : Blanc, Maudit et Blanc du Tacul.
On enjambe quelques crevasses qui lézardent le glacier , non sans jeter un coup d’œil furtif à l'abysse insondable qu'elles dévoilent.
Le temps est au grand beau et c'est sous un ciel bleu infini que l'on atteint la combe, sous le regard du Mont Blanc, de la Tour Ronde et des multiples pointes qui bordent le Tacul.
Au retour, nous sommes pris de court par l'effort demandé pour avaler les 600 mètres de dénivelé pour retrouver l'altitude du refuge. Un pas après l'autre on atteint 2h et demi plus tard l'attaque de l'arête à Laurence.
Cette chouette course facile clôture cette journée bien remplie car l'on débouche directement sur la terrasse du refuge. Pas le temps de plier nos affaires que déjà nous sommes dans un transat avec une bière à la main.
Vendredi 3 Juillet
On se lève enthousiaste pour le gros projet du séjour, la face est de la pyramide du Tacul, nichée entre la pointe Lachenal et le petit Capucin.
Apres une nouvelle approche glaciaire où les crevasses s’élargissent toujours plus, on s’équipe au bord de la rimaye. Les premières longueurs sont faciles mais paumatoires, on s’égare un peu sur la quatrième, mais on est remis sur le droit chemin par un guide local qui galope sur la voie avec son client.
On enchaîne ensuite avec fluidité les onze longueurs restantes qui alternent belles dalles granitiques, fissures a doigts et quelques renfougnes bien chamoniardes. Le panorama est bien évidemment à couper le souffle.
Vient ensuite le temps des rappels, on joue un peu aux devinettes avec la paroi, Remy nous mène habilement de relais en relais.
Au sixième relais, mon reverso m’échappe des mains et dévale la paroi pour finir dans les profondeurs du glacier, ne me laissant que mes yeux pour pleurer. Merci à JF qui se devouera pour finir les rappels au demi cabestan.
Après 12 rappels, on touche à nouveau la neige, on souffle un peu, on grignote et on se prépare à affronter les 600m de dénivelés qui nous avaient fait souffrir la veille. Mais contre toute attente c'est d'une seule lancée, d'un pas lent mais constant que nous mènerons notre cordée au refuge.
Une magnifique sortie de 12 heures et des brouettes, récompensée par une délicieuse croziflette .
Samedi 4 juillet
C'est déjà l'heure du retour vers Chamonix. Il doit se faire par la mythique arête des Cosmiques, mais un souci de santé accentué par une grande fatigue me force à renoncer à l'attaque. Le retour se fera par la voie normale.
Le téléphérique dégueule des cordées d'alpinistes en continue, rendant notre progression en sens inverse compliquée.
On fait une petite halte sur la terrasse pour admirer une dernière fois les trois monts puis on redescend à Chamonix. Remy nous quitte et nous rejoignons le chalet du Tour avec JF.
Dimanche 5 juillet
On profite de cette dernière matinée pour aller se frotter au gneiss du rocher de Saix à Vallorcine sur une grande voie taillée pour les amateurs de Düllfer. On avale les 4 longueurs en 1h10, evitant ainsi la foule qui se masse au pied de la falaise.
Lors des derniers instants a Chamonix on révise un peu l'histoire de l'alpinisme local à travers les statues de Paccard et Blamat.
Des souvenirs inoubliables au sein d'une cordée efficace, humaine et chaleureuse !
Louis