Carnet de route
Albert 1er - 2026
Le 06/06/2026 par Schell Viviane
Du 6 au 10 juin, nous sommes partis à trois (Jean-François, Brice et Viviane) dans le massif du Mont-Blanc pour y découvrir quelques courses d’arêtes. Pour Jean-François, c’était l’occasion de transmettre sa passion et son savoir ; pour Brice, l’occasion de se perfectionner ; et pour Viviane, la découverte de l’alpinisme en haute montagne.
Nous nous sommes retrouvés le samedi 6 juin au refuge du Tour pour débuter l’ascension vers le glacier du Tour et le refuge Albert 1er. L’ascension est physique et ardue : 1 300 m de dénivelé positif. Elle offre une première leçon d’alpinisme : quand on pense que l’on est assez léger, il faut encore vider son sac. Nous arrivons au refuge Albert 1er vers 16 h. Le refuge est convivial et très fréquenté. Le personnel nous propose d’excellents repas cuisinés sur place.
1ère journée : Aiguille Purtscheller par l’arête S classique.
https://www.camptocamp.org/routes/54077/fr/aiguille-purtscheller-arete-s-classique
Départ à 6 h et montée vers le col supérieur du Tour en traversant le glacier du Tour. La marche est longue et les pentes douces se succèdent. Nous testons les crampons dans de bonnes conditions : la neige est dure et le soleil levant, à l’est, est encore caché par les montagnes. Nous suivons les nombreux groupes qui partent vers l’aiguille du Tour, puis nous quittons leur trace pour monter au col supérieur. Nous nous retrouvons alors sur la face ensoleillée de l’aiguille. Jean-François attaque la pente de neige pour atteindre la brèche en V et notre première dalle. La neige est épaisse et nous nous enfonçons jusqu’aux cuisses. Nous finissons par arriver au pied de la voie à 10 h et Jean-François s’engage en premier.
La première dalle est bien verticale et les prises sont fines. Nous sommes dans une face à l’ombre, très exposée au vent. En bas, nous nous couvrons tandis que Jean-François s’arrête au milieu de la longueur et installe un relais sur un becquet pour nous faire venir. Impossible de continuer avec les grosses: il faut enfiler les chaussons malgré le froid. Les doigts et les orteils gelés, nous finissons par sortir de cette dalle pour atteindre le premier relais, au soleil ! La suite des longueurs est beaucoup plus simple, mais nous gardons les chaussons jusqu’à la fin de l’ascension. Après quelques longueurs de crapahutage, nous terminons avec les chaussons mouillés par la neige. Jean-François s’engage ensuite dans un mur difficilement protégeable et parvient à progresser dans une fissure. Avec Brice, nous sommes bien contents d’être assurés sur ce passage. Nous finissons par atteindre le sommet et profitons de la vue pendant dix secondes, balayés par le vent, avant d’attaquer la descente en rappel vers 15 h. Une fois en bas, nous reprenons le chemin du retour dans une neige qui a bien fondu au soleil. Nous brassons jusqu’au refuge, où nous arrivons à 17 h.
2ème journée : Aiguille du Génépi et école de neige
Le lendemain, nous partons pour l’aiguille du Génépi. Une petite sortie dans la neige pour récupérer de la veille. La journée est belle et Jean-François en profite pour nommer les sommets à l’horizon et nous raconter quelques anecdotes sur ses courses. Lors de la descente, on fait l’école de neige : au programme arrêt de chute, relais dans la neige et assurage en corde tendue.
Nous rentrons au refuge pour manger un morceau, puis nous repartons sur le glacier observer les séracs et les crevasses. Nous poursuivons l’école de glace avec la sécurisation d’un camarade (fictif) tombé dans une crevasse et découvrons les bases du mouflage.
3ème journée : Retour sur Chamonix
Le mardi, nous avions prévu de gravir l’aiguille du Tour par le couloir de la Table, mais la météo ne permettait pas d’y aller sereinement. Jean-François nous propose de redescendre au refuge du Tour et de profiter de la journée pour visiter Chamonix. Il nous fait découvrir la Maison de la Montagne, où tous les topos sont accessibles. Les guides locaux nous conseillent pour la course du lendemain. Nous nous décidons finalement pour les Lames Fontaines, au pied de l’aiguille des Blaitières. Nous passons une excellente journée à visiter la ville et à faire du lèche-vitrines dans les magasins d’outdoor.
4ème journée : Lames Fontaines
https://www.camptocamp.org/routes/58022/fr/lames-fontaine-voie-abert
Le lendemain, nous partons assez tard puisque nous attendons le départ de la première benne pour le Plan de l’Aiguille (8 h 10). Une marche d’environ 1h30 nous conduit au pied de l’aiguille des Blaitières. La voie des Lames Fontaines est très longue et commence par plusieurs longueurs dans une magnifique fissure chamoniarde. C’est Brice qui s’y colle et part en tête. Nous aurions aimé y rester toute la journée, mais les conditions météorologiques se dégradent rapidement. Au troisième relais, Jean-François estime qu’il est plus prudent de descendre en rappel dans la voie plutôt que d’essayer d’atteindre la réchappe. Finalement, le temps lui donne raison : lorsque nous terminons le dernier rappel, la neige commence à tomber et la température chute rapidement. Nous rentrons vers le Plan de l’Aiguille sous le vent, la neige et la pluie, et sommes bien heureux de retrouver la benne. Nous gardons un petit sentiment d’inachevé, mais aussi une excellente raison de revenir.
Cette sortie aura été riche en apprentissages. En plus de l’alpinisme, Jean-François nous aura parlé de géologie, botanique, zoologie et météorologie.





